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Gérer l'humidité dans une ruche

ch.k
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Gérer l'humidité dans une ruche

Message#1 » jeu. août 06, 2009 12:52 am

Je souhaiterai donner quelques notions simples de gestion de l'humidité dans un milieu clos et isolé.

3 grands principes :

1) il faut évacuer la vapeur produite par les organismes vivants dans un milieu clos si l'on veut éviter tout développement de champignons et autres organismes parasitaires.
- soit on choisit des parois extérieures de la ruche qui laissent passer naturellement la vapeur d'eau produite par les occupants de la ruche (c'est le cas pour toutes les parois en matériaux naturels tels que bois, laine de bois, paille, plâtre, carton, etc). On obtient ainsi un système autorégulé et très tolérant. C'est l'idéal car toute la ruche respire.
- soit on crée une circulation d'air pour évacuer l'air vicié et chargé en humidité vers l'extérieur (ventilation naturelle ou ventilation mécanique) par des orifices en nombre suffisant, si on choisit des parois extérieures de la ruche qui ne laissent pas passer la vapeur d'eau produite par les occupants de la ruche.

Il est donc tout à fait proscrit de :
- fermer hermétiquement une ruche dont les parois sont constituées de matériaux imperméables (tôle, plexiglas, verre, polystyrène mais aussi toute construction revêtue de peinture imperméables tels que laques, lasures, vernis, etc), en hiver comme en été !
- recouvrir les matériaux poreux (bois, isolations naturelles, laines minérales, pierres calcaires, etc) de peinture imperméables tels que laques, lasures, vernis, etc. ou tôles car ils stockeraient l'humidité et il pourrait s'y développer des champignons et autres organismes parasitaires.

2) Il faut veiller à ne pas bloquer la vapeur présente dans les différentes couches des parois isolées (couvre-cadre / isolation / toit par exemple) pour favoriser l'évacuation de la vapeur d'eau migrant à l'intérieur des matériaux et éviter la condensation qui pourrait s'y produire (point de rosée).

3) Il faut veiller à avoir un degré de perméabilité à la vapeur d'eau croissant dans les différentes couches des parois isolées en partant de la source chaude (intérieur de la ruche) vers la source froide (l'extérieur de la ruche).
Les matériaux doivent par exemple avoir des cellules de plus en plus ouvertes au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la source de chaleur (l'essaim).

On peut donc concevoir les coussins ainsi :
- un fond en toile de jute que les abeilles propoliseront selon leurs besoins,
- une isolation en laine de bois, en copeaux, en feuilles d'arbre ou en vieux journaux.
- un espace ventilé en permanence au dessus de l'isolation pour pourvoir évacuer la vapeur produite par l'essaim (en toutes saisons) et traversant les différentes couches des parois du coussin.

Cette espace ventilé en permanence au dessus de l'isolation ne diminue en rien les performances de l'isolation.
Au contraire : plus il y a d'humidité dans un isolant plus ses performances diminuent !
Je rappelle que l'humidité vient toujours de l'intérieur de la ruche et jamais de l'extérieur (sauf défauts de conception de la ruche).

On en conclut donc que :
- les isolants tels que le polystyrène, polyuréthane, liège (en plaque), etc sont à proscrire totalement, à moins de mettre une ventilation permanente dans la ruche et en toute saison.
- les couvertures étanches tels que tôle, bitume etc, mais aussi les feuilles de plastic sous le coussin, doivent impérativement être ventilées par le dessous pour ne pas bloquer la vapeur d'eau produite par les organismes vivants à l'intérieur de la ruche.

Je déconseille l'emploi de frein-vapeur utilisés dans le bâtiment (voir retour d'expérience ci-après) !!!


Christophe - spécialisé en constructions bois fortement isolées ...
Modifié en dernier par ch.k le lun. juin 21, 2010 12:44 pm, modifié 3 fois.

Hervé

Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#2 » jeu. août 06, 2009 11:12 am

Bonjour Ch K,
les isolants tels que le polystyrène, polyuréthane, liège, etc. sont à proscrire totalement

Je suis étonné pour ce qui est du liège, je pensais que c'était un matériaux perméable à la vapeur. Est-ce valable pour tous les types de lièges? Même pour le liège expansé qu'on trouve chez les marchands de matériaux bio ?

Cdt
Hervé

Hervé

Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#3 » jeu. août 06, 2009 11:26 am

Que penses tu des théories de Roger Delon?

Les matériaux absorbant l'humidité ne sont pas isolants.

Dans la ruche "Climatstable" intégrale, le plafond isolant et les parois verticales isolantes de la ruche ne doivent pas être absorbants, tant de l'humidité interne qu' externe. Tout doit être hydrofuge.

Le bois est immergé dans du carbonyle, ensuite, plusieurs mois après, trempé une seconde fois dans l'huile de lin. Après séchage, il doit être revêtu d'un hydrofuge extérieur.
N’oublions pas d’imprégner à chaud l'intérieur de la ruche, soit de cire, soit de propolis, à l'aide d'un fer à repasser.


Extrait de http://ruche-warre.levillage.org/Art%20Comment%20aider%20un%20api-organisme.htm

Merci
Cdt
Hervé

ch.k
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#4 » jeu. août 06, 2009 11:52 am

Hervé,

Le liège aggloméré en plaque est totalement imperméable. Les billes de liège en vrac ou plaques faiblement compressées sont OK dans la mesure où il y a passage d'air important entre les particules de liège. Idem pour le polystyrène en bille ou fragmenté ...

La théorie de Roger Delon concernant la climatisation de la ruche semble intéressante du peu que j'en connaisse (il n'y a rien de disponible en littérature ou article).

Il faut toutefois éliminer pas mal de choses :
- le rapport à la nature qui relève plus du romantisme ou de la mystique que d'une démarche expérimentale ou scientifique,
- tout ce qui concerne l'isolation, le revêtement des surfaces et le bâchage de la ruche avec une housse plastique qui est complètement faux, dépassé, voir dangereux pour la ruche.

Bref il y pas mal de trucs à ne surtout pas faire mais l'idée est très bonne. Ce que l'on trouve sur Internet sur Roger Delon n'est pas suffisant pour faire une installation qui peut être qualifiée de climatisée.

roland
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#5 » jeu. août 06, 2009 2:57 pm

Bonjour,
Les traitements du bois à la cire micro ou par trempage dans l'huile sont-ils à proscrire?
Le bois respire-t-il?

ch.k
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#6 » jeu. août 06, 2009 3:41 pm

La perméabilité à la vapeur d'eau de la cire naturelle est suffisante mais elle est fonction de l'épaisseur de cire appliquée.

On peut partir du principe qu'une partie de la vapeur d'eau produite par l'essaim est évacuée en temps normal au travers des parois de la ruche si une fine couche de cire seulement a été appliquée. Mais en cas d'activité importante ou de forte population ou de présence de grande quantité de miel dans la ruche, la perméabilité naturelle de la cire ne peut plus permettre d'évacuer toute la vapeur d'eau.

Il faut alors ouvrir les entrées supplémentaires, laisser des espaces entre les corps en été par exemple. En hiver il faut poser un coussin tel que précisé précédemment ( frein-vapeur en sous-face + isolant laissant passer la vapeur d'eau + face supérieure bien ventilée).

La vapeur sortira d'elle-même par l'équilibre des pressions partielles gazeuses.

roland
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#7 » jeu. août 06, 2009 3:48 pm

Bonjour,
Que pensez vous des plateaux totalement grillagés?

ch.k
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#8 » jeu. août 06, 2009 9:14 pm

Roland,

Je ne connais pas la perméabilité à la vapeur d'eau de la propolis.

Cela doit normalement fonctionner si les abeilles gèrent elle-même l'ouverture et la fermeture de la grille en ajoutant / enlevant de la propolis.

Il faudrait quand même vérifier la chose en demandant à des apiculteurs pratiquant avec une grille si on constate un excès d'humidité occasionnellement et / ou si les abeilles adaptent effectivement l'ouverture de la grille en fonction de leurs besoins (ou si c'est une vue de l'esprit).

Hervé

Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#9 » mar. août 11, 2009 1:03 pm

Bonjour Christophe,

Je reviens sur le sujet après réflexions.
Je suis entièrement d'accord avec toutes les indications que tu donnes concernant les habitations humaines.
Cependant devons-nous considérer l'abeille comme un mammifère, avec le même système et les mêmes besoins respiratoires (notamment en hiver)?

Exemples;
Ceux qui utilisent des couvre-cadres en plexiglas en sont apparemment satisfaits.
Je connais des apiculteurs qui couvrent les ruches avec des sacs plastiques sans problème.
Et les ruches en plastique...
Les essaims installés dans des crucifix en métal ou platre, donc sans isolation et avec des parois complètement étanches n'ont pas l'air de mal se porter!

Comme tu l'auras compris, je suis assez adepte des théories de Roger Delon.
Pour moi, un bon hivernage c'est :
Un couvre cadre complètement hermétique que les abeilles ont eu le temps de bien propoliser, absolument aucun trou, pas de nourrisseur.
Un couvre-cadres suffisamment épais et isolant pour éviter les problèmes de condensation dus à des différences de température trop importantes de part et d'autre.
Aucune ouverture de ruche entre la mise en hivernage et le printemps, donc aucun nourrissement.
Une entrée suffisante ne laissant pas passer les souris.
Un plancher pouvant être complètement grillagé jusqu'à la reprise de ponte, un plancher complètement fermé après le 21/12.

Cordialement
Hervé

ch.k
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#10 » mar. août 11, 2009 8:34 pm

Hervé,

Les expériences auxquelles tu fais référence viennent-elles de régions froides ? Car la gestion de l'humidité est surtout importante dans les régions très froides et/ou humides comme celle où je vis et pratique.

Personnellement, je m'efforce de réduire au maximum l'humidité dans la ruche afin de :
1) supprimer tout développement de champignons, moisissures, bactéries et autres maladies qui ne se développent qu'en présence d'humidité et proportionnellement au taux d'humidité,
2) d'augmenter les performances thermiques intrinsèques de la ruche : isolation au froid et au chaud car comme déjà dit, les performances des isolants sont inversement proportionnelles à leur teneur en vapeur d'eau.

En améliorant l'isolation de la ruche, j'améliore aussi son tirage naturel ou convection (appelé "climatisation" par Delon) et ainsi son oxygénation...

A son échelle, l'essaim se comporte comme un mammifère à sang chaud :
- il produit sa chaleur et régule sa température indépendamment de la température extérieure (sauf en hiver où des variations sont constatées),
- son rendement est fortement dépendant d'échanges gazeux : oxygène, gaz carbonique, vapeur d'eau pour l'essentiel.

Ma comparaison s'arrête là. C'est une simple analyse systémique.

A l'ère du varroa, nous devons peut-être faire plus attention que nos prédécesseurs à certains facteurs pour limiter au maximum sa prolifération ou celle des facteurs le favorisant.

Sinon, la présence d'un élément imperméable (couvre-cadre en plexi, isolé ou non, par exemple) sur une ruche en bois, donc perméable à la vapeur d'eau n'est pas forcément un problème car l'humidité peut s'évacuer correctement au travers des parois.

Pour terminer, les ouvertures en parties basses (grillagées ou non) n'ont pas d'incidence sur la thermique des ruches car la chaleur ne s'échappe jamais par le bas (cf. le fonctionnement des igloo). Cela n'empêche pas les ouvertures en parties basses de jouer sur d'autres facteurs : courants d'air, échange gazeux, etc

proapis

Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#11 » jeu. août 13, 2009 2:15 pm

ch.k a écrit :Pour terminer, les ouvertures en parties basses (grillagées ou non) n'ont pas d'incidence sur la thermique des ruches car la chaleur ne s'échappe jamais par le bas (cf. le fonctionnement des igloo). Cela n'empêche pas les ouvertures en parties basses de jouer sur d'autres facteurs : courants d'air, échange gazeux, etc


Salut ch.k,

Pourrais-tu en dire plus sur le fonctionnement des igloos ?

Je crois qu'il est assez peu réaliste et qu'il faut être prudent en comparant l'essaim à un mamifère, parce que chaque moment de la saison a ses particularités : sécher du miel, ça fait une grosse transpiration, par exemple. Mais le couvain vit dans conditions similaires à l'air dans les poumons, l'humidité lui est nécessaire.

Meilleures salutations, DM

ch.k
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#12 » sam. août 15, 2009 12:36 pm

Proapis,

Comme déjà dit, je ne propose pas de supprimer totalement l'humidité mais juste les excès, au fur et à mesure de sa production et quelle qu'en soit la saison, sans manipulations particulières, afin d'éviter les problèmes de maladies et parasites. Ce sont des problèmes spécifiques à tous les milieux clos, quels qu'en soit leurs contenus.

Peut-on se permettre les maladies et parasites liés aux atmosphères trop humides ? A chacun d'y répondre en fonction de sa région, de ses habitudes et pratiques ou de la résistance de son cheptel.

Le fonctionnement de l'igloo est simple : le trou d'accès est situé en dessous du volume chauffé, soit en dessous du niveau bas des murs. Comme l'air froid est plus lourd, il s'échappe par le trou. L'air chaud est emprisonné dans l'igloo.

C'est aussi pour cela que les vestes des esquimaux sont bien fermées en haut mais jamais en bas. L'air chaud ne s'échappe jamais par le bas.

ch.k
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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#13 » ven. juin 18, 2010 11:02 pm

Retour d'expérience : j'ai ouvert mes ruches, dont le coussin était fermé avec un frein-vapeur INTELLO de Proclima (membrane permettant l'évacuation de la vapeur d'eau évoqué dans mon message plus haut) cet après-midi et j'ai constaté que la sous-face de ce frein-vapeur était recouverte de grosses gouttes d'eau. Les abeilles essayaient en plus de détruire ce frein-vapeur en le grignotant ici et là.

Conclusion : ne surtout pas utiliser de frein-vapeur car la quantité d'eau produite dans une ruche est trop importante pour ce type de produit.

J'ai donc remplacé ce frein-vapeur par du grillage inox, afin de permettre une bonne ventilation. Je pense que les abeilles gèreront elle-même la ventilation en recouvrant / découvrant ce grillage avec du propolis.

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Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#14 » sam. juin 19, 2010 7:31 am

Merci Ch.k pour ce brillant exposé sur la condensation ,tout à fait technique et convaincant, l'expérience "bâtiment" au service de la construction des ruches je me permets de te répéter et d'insister:

[b]ne surtout pas utiliser de frein-vapeur [/b]

car la fin de la discussion contredit une partie du début et lire en diagonale pourrait amener à des déboires

l'idée semblait plaisante au début et logique, on laisse passer l'air mais pas l'eau , cette particularité là, je ne l'ai jamais compris tout comme les peintures " micro poreuses" qui autorisent le passage dans un sens mais pas dans l'autre ...

merci de ces éclaircissements , je reste convaincu que la moustiquaire " gérée" par les abeilles est à préconiser.
refuser le dogmatisme et privilégier la raison.
I'm gettin too old for this shit

TomDanssesBois

Re: Gérer l'humidité dans une ruche

Message#15 » sam. juin 19, 2010 7:53 am

Je vais faire mon chiant:
que penser d'un essaim que j'ai pu voir, installé dans un tabouret d'eau usée? (ce que j'appelle un "tabouret" c'est un petit regard de branchement entre la sortie generale des eaux usées de la maison et le reseau de la ville) Ce tabouret etait réalisé en PVC, d'un diametre 400mm, avec un couvercle hydraulique (c'est a dire qui ne laisse pas passer les odeurs, donc l'air) en fonte, et tout juste percé d'une petit fente, suite a un coup certainement...

les eaux usées devaient apporter de l'humidité, c'est obligé, ce sont des eaux chaudes en general, et pourtant elles y vivaient bien, et y etaient venues toutes seules!

Je crois pas qu'un essaim placé dans un corps en plastique peine plus qu'un essaim placé dans une ruche en bois, dans la mesure où aujourd'hui on utilise tout le temps des fonds grillagés.
Reste que j'aime pas ces corps ou même ces fonds en plastiques, j'aime le bois, c'est completement personnel, même si j'utilise des ruchette d'insémination en polystirene!

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